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Préface d'Aldous Huxley
L'homme est un amphibie qui vit simultanément dans
deux mondes: celui du milieu familial et social, de la vie matérielle,
de la conscience des choses, et le monde des symboles. Dans notre pensée,
nous nous servons d'une grande variétés de systèmes
de symboles verbaux, mathématiques, plastiques, musicaux, liturgiques,
sans lesquels nous n'aurions ni arts, ni sciences, ni lois, ni philosophies,
bref pas même l'embryon d'une civilisation: nous serions des animaux.
Les symboles sont donc indispensables.
Mais, ainsi que le démontre abondamment l'Histoire de notre époque
- et de toutes les époques - ils peuvent aussi être néfastes.
(.)
Le meilleur ouvrage gastronomique ne vaut pas le plus mauvais
des repas.
(à rapprocher de: celui qui aura parfaitement étudié
la carte d'un pays mais qui n'y ait jamais allé ne connaît
rien par rapport à celui qui, sans carte, s'est rendu sur place.)
Ce fait est assez évident. Et pourtant, à travers les ages,
les philosophes les plus profonds, les théologiens les plus érudits,
sont constamment tombés dans l'erreur qui consiste à identifier
des constructions purement verbales à des faits, ou dans l'erreur
encore plus énorme qui consiste à s'imaginer que les symboles
sont, d'une certaine manière, plus réels que les faits auxquels
ils se rapportent. Il est vrai que le culte des mots n'a pas été
sans soulever des protestations.
"Seul l'esprit vivifie, la lettre tue." Saint Paul
"Et pourquoi, demande Me Eckhart, bavardez-vous au sujet de Dieu?
Tout ce que vous dites est mensonger."
"La vérité n'a jamais été prêchée
par le Bouddha, étant donné que vous devez la réaliser
en vous-même." Mahâyâna Sutras.
"Ce que l'on répète n'est pas la vérité;
c'est un mensonge, car la vérité ne peut être répétée."
K
C'est par la connaissance de soi et non par la foi en des symboles représentés
par autrui que l'homme parvient à la réalité éternelle
en laquelle son être à sa source.
Cf l'ardoise du maître-soufi et la phrase du Coran.
L'habitude invétérée de penser avec
des formules, des systèmes est à peu près universelle.
Cela est inévitable, car notre système d'éducation
est basé sur l'enseignement de "ce qu'il faut penser"
et non de "comment" penser.
Nous sommes élevés en tant que membres croyants et pratiquants
de quelque organisation (.).
Par conséquent, "vous réagissez à la provocation
de la vie, laquelle est toujours neuve, conformément à un
point de vue ancien, donc votre réponse n'est pas adéquate,
elle manque de nouvauté, de fraîcheur:
" Si vous réagissez selon le conditionnement ancien,
votre réaction ne vous permettra pas de comprendre ce que la vie
vous apporte de neuf.
Première et Dernière
Liberté de Krishnamurti (2 petits extraits)
Si au cours de ces causeries, vous entendez quoique ce
soit qui s'oppose à votre façon de penser
et de croire, bornez-vous à écouter, ne résistez
pas.
Il se peut que vous ayez raison et que j'aie tort, mais écoutez
et considérons la question ensemble;
nous découvrirons ainsi la vérité.
La vérité, ce qui
est
La vérité ne peut vous être donnée par personne.
Il vous faut la découvrir; et, pour faire une découverte,
il faut un état d'esprit qui permette une perception directe. Il
n'y a pas de perception directe là où se trouvent une résistance,
une protection, une sauvegarde.
La compréhension vient avec la perception de ce qui"est".
Connaitre avec exactitude ce qui "est", le réel, l'actuel,
sans l'interpréter, sans le condamner ou le justifier, est le commencement
de la sagesse. C'est lorsque nous commençons à interpréter,
à traduire selon notre conditionnement et nos préjugés,
que la vérité nous échappe.
Société
La vraie révolution ne peut avoir lieu que lorsque vous, l'individu,
devenez lucide dans vos rapports avec autrui. Ce que vous êtes dans
vos rapports avec autrui, avec votre femme, votre enfant, votre employeur,
votre voisin, constitue la société. La société
en soi n'existe pas. La société est ce que vous et moi,
dans nos relations réciproques, avons crée; c'est la projection
extérieur de tous nos états psychologiques intérieurs.
Donc, si vous et moi ne nous comprenons pas nous-mêmes, transformer
le monde extérieur, lequel est la projection de l'intérieur,
est une entreprise vaine: les modifications ou transformations que l'on
peut y apporter ne sont pas réelles. ... à suivre...
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Mais alors, Krishnamurti est un koan vivant
Si un maître Zen vous demande ce qu'est le son du battement d'une
main et si vous vous torturez les méninges pendant toute une année
pour trouver la réponse, le moment viendra où votre raison
abdiquera. La pensée, la logique, incapable de résoudre
ce koan, s'immobilisera. C'est un casse-tête et vu sous cet angle,
ce que Krishnamurti est en train de faire ici est créer un koan.
Krishnamurti supplia: "Pour l'amour du ciel, bougez !
- Oui, votre dépression augmente. tant que votre sentiment de frustration
ne débouche pas sur le contentement, l'apaisement, il n'est pas
encore assez profond. Il ne doit vous rester aucune issue, plus rien qui
puisse vous faire espérer trouver une échappatoire. Alors,
la flamme du mécontentement s'élèvera puissamment.
Votre animosité envers moi est encore une tentative pour fuir le
mécontentement. Vous continuez de chercher quelque chose, cette
fois-ci auprès de Krishnamurti. Comme vous ne trouvez rien, vous
vous irritez. mais je ne remue pas le petit doigt, je ne franchis mas
un millimètre dans votre direction. Si vous pouvez rester devant
moi dans ce désespoir cuisant, sans expectative, sans tendre la
main pour mendier quelque chose, alors. alors, nous sommes égaux.
- Pouvez-vous observer sans évaluer, sans nommer ?
- Pouvez-vous ne pas contaminer la réalité actuelle par
tout ce qui est révolu, nommé, figé, mémorisé
?
Connais-toi toi-même n'avait rien avoir avec un ramassage
d'informations servant chaque fois de base aux travaux suivants. C'est
à ce genre de démarche que j'avais été formé.
Krishnamurti, quant à lui, m'incitait à apprendre tout de
suite, devant lui sous le chapiteau de Saanen, par l'observation immédiate,
sans aucune sélection, sans aucun but, pas même celui d'atteindre
un autre plan de conscience. Notre mental bourdonne sans arrêt d'objectifs,
du désir de progresser, d'acquérir ou de réaliser
quelque chose afin de devenir quelqu'un de différent. Je percevais
vaguement que la façon d'apprendre dont il s'agissait ici était
d'une nature radicalement neuve et ressentais cela comme un déchirement
semblable à celui crée par un koan dans lequel vous ne pouvez
que soit voir, soit ne pas voir.
Avant de commenter en détail ce qu'est le désir
et de nous montrer comment ce dernier déclenche des réactions
en chaîne, il nous plongeait dans le climat requis pour ce type
nouveau d'apprentissage.
Il provoquait en nous une attitude de vision pure, d'observation neutre
des processus intérieurs, dénuée de toute tendance
à s'accrocher à quoi que ce soit.
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VACANCE, VACANCES
La plupart d'entre nous entendent le mot vacances comme
étant une période libre de travail. Or, il est un autre
sens au mot vacance, surtout au singulier, la vacance. Prit au sens non-matériel,
être vide de peut également signifié être libre
de.
Chacun rêve de partir en vacances. Prendre des vacances, c'est quitter
son environnement et ses habitudes pour partir vers autre chose.On réduit
souvent notre compréhension des vacances au fait de partir en voyage.
Pourtant à travers ce changement d'environnement et cette découverte
d'un nouveau cadre de vie, l'individu recherche peut-être intuitivement
quelque chose de plus profond.
Le mental qui contrôle notre intellect et qui trop souvent nous
enferme dans une prison plus ou moins dorée, ne peut empêcher
nos aspirations profondes de liberté. Pour tous ceux, insérés
dans une société fondée sur l'ordre et l'économie,
une soupape de sécurité s'est créée. Au départ,
le Créateur lui-même, s'est reposé le 7ème
jour. Nos temps modernes l'ont étendu à la fin de semaine,
le week-end. Comme chaque activité humaine, on peut voir différents
points de vue. D'un point de vue physique, il s'agit d'une période
de repos, où le corps n'est plus astreint à un travail imposé,
fatiguant physiquement et psychiquement. Pourtant, on peut constater que
même ceux qui ne travaillent pas régulièrement, les
inactifs, les retraités, les chômeurs, s'ils en ont les moyens
aspirent également à ces vacances. De même, ceux qui
vivent dans un très bon environnement ressentent également
ce besoin de changement. pourtant, la plupart d'entre nous, pensions que
repos et changement d'environnement était ce que nous recherchions.
Et mettant ces pensées en action, nous partions le plus souvent
à la plage ou parfois à la montagne ou à la campagne.Pourtant,
si on analyse honnêtement ce que l'on ressent pendant et surtout
après, nombreux sont ceux qui n'en sont pas satisfaits, qui ne
revienne pas beaucoup plus satisfait qu'en partant. Il semble que les
aspirations qui nous ont poussés à partir n'ont pas été
comblées. Un club de vacances a même formulé cela
dans un slogan publicitaire: "On en a assez de bronzer idiot".
Alors que recherchons-nous donc ? Quel était le sens de notre aspiration
de vacances ?
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