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Note concernant la traduction de
Je suis ce que je suis.
En Hébreu, Ehyeh Asher Ehyeh..
Ehyeh peut être traduit par Je suis, étant
entendu qu'en Hébreu, il ne s'agit pas que d'un présent.
Asher est plus délicat. En Anglais, il est habituellement traduit
par that: I am that I am.
En Français, nous avons choisi ce que car c'est la formulation
la plus neutre, la plus ouverte.
Nous n'avons pas choisi Je suis qui Je suis ou Je suis celui que Je suis
qui à notre humble avis, déforment et limitent en humanisant
(anthropomorphisme) par l'utilisation de celui ou de qui.
Certains auteurs pour rendre cette petite phrase, à leur sens,
plus compréhensible, n'hésitent pas à remplacer que
par qui et à mettre le second Je suis à 3ème personne
du singulier: Je suis celui qui est.
Lors d'une première lecture cette courte phrase
n'a que peu de sens commun. Cependant, le mental ne peut la saisir. Pourtant,
elle contient Tout et Tout est dit.
Cela rappelle irrésistiblement le Tétragramme, le nom de
Dieu qui est imprononçable.
Il ne s'agit pas d'une petite question théorique.
J'ai personnellement trouvé très enrichissantes toutes les
recherches et méditations autour de ces trois mots.
Toutes ces variantes de traduction ainsi que l'analyse des différents
sens possibles ont contribué à me faire prendre conscience
de CE QUI EST, de CE QUE JE SUIS.
J'encourage vivement ceux que cela intéresse à
lire et méditer un ouvrage extraordinaire d'érudition:
Celui qui est, interprétation juives et chrétiennes d'exode
3-14, par le Centre d'études des religions du livre, édité
par A. de Libéra et Emilie Zum Brunn, avec le concours du Cnrs,
Editions du Cerf en 1986. Disponible à la librairie La Procure
à Paris, 316 p. 142 F.
A propos de Je suis ce que je suis
par Carlo Suarès
Ehyeh Asher Ehyeh.
"Toute traduction de ces idéogrammes , même
en langue hébraïque est une abomination.
L'homme de la Qâbala ne peut que contempler ces quel-ques signes
et s'il est vraiment un homme de la Qâbala: L'univers se précipite
en lui, et tout ce qui vit et tout ce qui meurt;
et ce qui existe; et ce qui n'existe pas; et ce qui a existé; et
ce qu'il y aura; et ce qui n'aura jamais plus lieu;
le temps et l'espace sont là et sont dissous dans l'intemporel;
et le prodigieux mystère est là de tout ce qui détermine
l'indéterminé;
et la sanctification est là; et l'homme meurt de tant vivre."
Carlo Suarès, La Bible restituée, Editions Cohérence,
Strasbourg
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Il existe
dans l'Ancien Testament une petite phrase de cinq mots (trois seulement
en Hébreu) que tout le monde connaît mais dont le sens et
l'importance échappe à la plupart des ceux qui l'ont lu.
De nombreux sages et exégètes ont cherché à
déchiffrer, expliquer, comprendre, commenter, disséquer,
raisonner, déduire, induire, conclure, trancher, décider,
choisir quel pouvait bien être son sens.
Certains trouvaient un élément, d'autres un second, ou une
nuance supplémentaire. D'autres ont cherché ce que cette
phrase ne disait pas pour approcher de son sens.
Pour certains, las de tant de vains efforts intellectuels, la lumière
se fit.
Ils découvrirent la clef qui ouvre les portes des mystères
les plus cachés et les plus profonds de la Bible et de tous les
textes sacrés de toutes les traditions.
Cette lumière donne un sens à la vie, révèle
la vérité, laisse entrevoir ce qui est au-delà de
l'espace et du temps, l'Eternel.
Celui qui le découvre, peut s'étonner que personne n'ait
pu expliquer clairement le sens de ces quelques mots et pourquoi leur
importance essentielle n'était pas apparue à tous.
Peut-être, n'y a-t-il rien d'explicable, rien qui se puisse comprendre.
Le Tétragramme n'est-il pas imprononçable?
Le contexte dans lequel ces mots apparaissent dans la Bible confirme,
si besoin était, cette importance.
Demander son nom à Dieu, c'est le personnaliser, lui donner une
image anthropomorphique, le limiter.
C'est pourquoi le nom de Dieu est imprononçable. Seuls des qualificatifs
sont utilisés par commodité et parce que qualifiant un de
Ses aspects, ils ne peuvent en aucun cas prétendre à englober
Sa totalité qui est par nature incommensurable.
Réaliser, Je suis est au-delà du temps et au-delà
de l'espace...
C'est pourquoi Dieu (Je suis) est Un
C'est pourquoi Dieu n'a ni forme, ni image.
Buisson ardent
Frédéric Mantel
Elohim et Ivhv
Le nom propre de l'Elohim de la Bible, le seul nom révélé
directement par Lui à l'homme dans la liturgie du Buisson-Ardent,
se compose de quatre lettres : Yod-hé-vav-hé, Ihvh. De même
qu'Elohim dérive d'un mot qui signifie la Puissance, de même
le "Tétragramme" dérive d'une racine qui a rapport
à l'Etre. Lorsque Moïse demande à Elohim: "S'ils
(les enfants d'Israël) demandent quel est ton nom, que leur répondrai-je
?", il lui est dit : "éhévé asher éhyév",
"je serai qui je serai". On pourrait aussi bien traduire: "je
serai : je serai", car la conjonction asher est la plus subtile des
conjonctions. Il y a ici la répétition, à la première
personne, du verbe être dans sa forme "inaccomplie". En
hébreu, n'existe pas succession passé-présent-futur,
mais la distinction
sur un autre plan, entre l'accompli et l'inaccomplie est donc toujours
"Celui qui vient", l"'Eternel", quoique le concept
d'éternité tel que l'entend l'Occident soit foncièrement
étranger
à la pensée biblique. Disons plutôt: "l'Etre
qui a été, qui est, qui sera" à chaque instant.
En un mot, la Transcendance pure.
André Chouraqui, entretien avec Jean Moutappa, Nouvelles Clés
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