| Chrétienté
et Répression
On dit que les femmes sont imaginatives, évasives, qu'elles se
réfugient dans des rêves. Rêves de la sibylle de Cumes
aux yeux écarquillés, là-bas, dans son antre noir
de tuf, ou de la Pythie chère à l'Apollon de Delphes, et
de Diotima, Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila dans la
lointaine Espagne, de Jeanne, à la tête de ses troupes, comme
de Jeanne, Mère des Anges - et toute la répression et le
rêve qui ont vu fleurir Sapho, Emily Dickinson.
La répression, le rêve, l'art sont terriblement proches.
L'exclusion féminine au nom de la raison
La raison masculine s'est autoconçue, autodécrite et s'est
vantée d'être entièrement rationnelle (comme si une
chose semblable pouvait exister). Et, expulsant d'elle-même l'irrationnel
parce que honteux, elle l'a attribué aux femmes et aux fous: Folie
et féminité sont terriblement proches: elles naissent toutes
deux d'une approche dangereuse dans le processus de l'exclusion sociale.
La Grèce, qui reconnut la divinité de la folie, exalta les
prophétesses, seules personnes, avec les hétaïres,
à qui l'on accordât un statut spécial. Mais le Moyen-Age,
qui, tout en tolérant les fous de Dieu, se mit à s'imprégner
de rationaliste hébraïque et grec avec Paul, les Pères
de l'Eglise, Thomas et Aristote, commença le véritable processus
social de l'exclusion féminine au nom de la raison. Il reste de
célèbres verdicts de cette époque inaugurale, hantée
par des tribunaux solennels des Pères, évêques, théologiens,
docteurs, époque qui élabora le Droit Canon et le mundium.
Si Paul, homme d'Orient, marqua un début dramatique, Tertullien
y ajouta toute la fougue de son tempérament africain: "Femme,
tu devras toujours porter le deuil parce que tu as perdu le genre humain,
tu as touché l'arbre de Satan la première, tu es responsable
de la chute des Anges. L'homme, au contraire, est digne de liberté
et d'honneur. Il est même la gloire de l'image de Dieu, le Christ
en tête."
Tout le Moyen-Age s'intéresse à cette question avec mille
démonstrations et arguments subtiles pour décréter
que Dieu est l'essence même de la raison. Dans l'homme se reflète
l'essence même de la raison. Dans l'homme se reflète donc
le lueur de la raison rayonnante, le rayon solaire de cette Intelligence
parfaite. Saint Augustin simplifie la question: "Dans l'ordre naturel,
on ne peut pas dire que la femme soit crée à l'image de
Dieu."
Saint Thomas tranche le nud. Il proclame: Foemina est aliquid deficeins
et occasionatus, soutenant ainsi Que la femme est une déficience
(deficeins ) et quelque chose (aliquid) de négatif. Ce grand prélat,
évêque et saint, était aristotélicien convaincu
que la femme n'était qu'un mas occasionatus, un mâle imparfait.
(é)
Le Droit Canon se fixa et soumit la femme à une série d'incapacités
juridiques (dont l'impossibilité d'hériter, et entre autres
l'interdiction de s'approcher des autels, de toucher les vases et les
linges sacrés: ainsi l'Eglise Chrétienne supprimait ce qui
dans l'Antiquité classique avait été une institution
sociale fondée sur l'irrationnel féminin: la Prêtresse,
la Prophétesse sacrée. En outre, la femme, comme l'avait
imposé Paul, devait dorénavant entrer à l'Eglise
avec la tête voilée. le voile était le symbole de
sa honte devant les hommes et Dieu.
Extraits de Auto-analyse de la Féminité par Amanda Guiducci,
NRF
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Femmes et chrétienté
Thérèse d'Avila (1515-1582), réformatrice
du Carmel, "elle décrit un "château intérieur",
représentant l'âme, au centre duquel se trouverait la pièce
la plus secrète: celle où a lieu l'union sacrée de
l'âme et du divin, le hierosgamos. Ce qui peut rendre cette pièce,
ce centre accessible, c'est bien le chemin qu'emprunte la méditation,
l'oraison, prière du cur, contemplation - qui révèle
ce "trésor caché dans le champ" des Evangiles,
cette "perle précieuse" blottie dans l'écrin du
cur."
D'après Daniel Maurin.
Femmes et Spiritualité
par Judee Gee
En tant que femme, la vie spirituelle est vécue
dans un sens global, plus au foyer qu'à l'extérieur. Il
y a différentes manières de suivre son chemin, celui de
l'homme est plus droit.
Il est d'une structure différente de celui de la femme qui a plus
de difficulté à conserver son axe, la discipline sur le
chemin, elle doit souvent apporter des soins aux enfants, aux élèves,
aux patients.
Les "maîtres spirituels" sont souvent des hommes. Les
femmes cherchent plutôt à se situer dans une relation avec
les autres. Elles ont plus de mal à garder leur verticalité,
une relation avec elle-même, les hommes se situent davantage par
rapport à eux-mêmes.
Problème social mais aussi structure physique.
La femme cherche instinctivement à remplir ce vide à l'intérieur
de son corps, au niveau du bas-ventre. Elle est attirée par une
relation horizontale mais devrait modifier cette habitude, accepter de
vivre avec ce vide, le considérer comme un état positif
correspondant à sa vraie nature. Une partie de la recherche spirituelle
d'une femme est de se réconcilier avec ce vide, de ne plus en faire
une cause de souffrance, de le vivre comme une bénédiction.
Si elle pense qu'il y a un manque, elle se sentira obligée de le
remplir avec du relationnel, de l'affectif, ce qui ne manquera pas d'occasionner
des souffrances supplémentaires, lorsque l'homme ou les enfants
s'en iront!
La réconciliation avec ce vide peut devenir une source de puissance
intuitive, d'autonomie, peut faciliter l'acceptation de son intuition,
du réceptacle qu'elle est dans sa structure même, dans son
corps physique et énergétique.
On peut établir un parallèle entre recherche de beauté
extérieure et recherche de beauté intérieure.
La nature de la femme est plutôt d'être transparente.
Elle s'occupe de ce qui se passe à l'intérieur. L'homme
a plus de capacités à structurer, à organiser. La
femme ressent comme plus naturel de rester dans le non-tangible, d'incarner
le vide.
Elle vivra des expériences mystiques sans nécessairement
avoir à faire, sans construire tout un enseignement autour.
Le lâcher-prise lui est peut-être plus facile que pour un
homme.
Judee GEE est clairvoyante et psychothérapeute. Elle a fondé
"l'Ecole de l'Intuition", dirige une formation de rebirth, et
a crée en collaboration avec Jean-Louis Abrassart,"l'Ecole
de la Lumière": mouvement spirituel pour l'évolution
et la méditation dont les enseignements sont transmis par des guides
lors de séances de channeling.
Elle est l'auteur de Le Pouvoir de l'Intuition (Editions Recto-Verso,
Suisse) et de Comment Développer votre Intuition, L'Eveil de Votre
Etre Intérieur, (Editions Dangles).
Stage Ecole de la Lumière: tel: 04 50 69 68 65
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Mystique, une spécialité
féminine ?
"Les mystiques, qui sont les virtuoses de la spiritualité,
ont plusieurs vertus embarrassantes pour la hiérarchie: ils sont
créatifs, ils explorent des voies nouvelles, ils expriment des
choses qu'on n'avait pas dites jusque là; ce qu'ils vivent, ils
le disent au nom du rapport direct avec Dieu. Cela n'est pas transmis
par la médiation du clergé. Recevoir directement de Dieu
des révélations, des impulsions, des sentiments, c'est inquiétant
pour la hiérarchie."
"La virtuosité mystique, c'est clair, est massivement le fait
des femmes. Et, quand les hommes s'y adonnent, ils subissent une certaine
féminisation. Saint Bernard disait: "Mon âme est l'épouse
de Dieu." Une femme n'a pas besoin d'un tel détour; elle dit:
"Je suis l'épouse de Dieu." Pour parler de la mystique,
les théologiens emploient souvent la symbolique des noces."
Jacques Maître, extraits de propos recueillis par J-P. Guetny, parus
le 15 Déc.94 dans l'excellente revue A.R.M.
Portrait de Deux Grandes Femmes
Mère (ashram de Sri Aurobindo)
En 1908, Sri Aurobindo s'installa à Pondichéry, alors territoire
français des Indes, avec ses disciples. Sa compagne, une française,
Madame Richard, devint en 1920, la Mère de l'ashram. Dès
1914,î Mère sait que son travail sera de manifester le Divin
dans chaque parcelle, chaque cellule et atome de son corps. Grâce
au yoga de la transformation ou yoga intégral (ou yoga des cellules),
elle écrira dans les nombreux volumes de l'Agenda de Mère
(édition par I.R.E. B.P.9 -14400 Hermanville) racontant à
son disciple et confident: Satprem, ses expériences corporelles.
Tel un savant dans un laboratoire, elle décrit la formidable aventure
qu'elle traverse pour ouvrir la voie qui mène vers la nouvelle
espèce: l'homme divin. En 1968, elle fonde Auroville près
de Pondichéry, un laboratoire de l'évolution nouvelle: "Ici
nous commençons là ou Ramana Maharshi s'est arrêté."
Mère est décédé en 1975.
D'après Bruno Solt,
Maîtres spirituels et mystiques contemporains, Ed. Alphabétiques
Retz
Helena Petrovna BLAVATSKY
et la Théosophie
Née en Ukraine en 1831, famille grande noblesse russe, elle entreprit
dès 18 ans plus de vingt années de quête et d'expériences
à travers le monde. Au contact de maîtres spirituels, en
Inde et surtout au Tibet elle découvrit ce qu'elle allait appeler
la Théosophie(Sagesse divine), philosophie ésotérique
représentant la tradition commune à toutes les religions.
Elle fondait en 1875 la Theosophical Society à New-York.
Annie Besant, irlandaise qui allait lui succéder découvrit
en 1908 avec son assistant C.W. Leadeater, un jeune indou, Krishnamurti,
le futur "instructeur du monde".
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