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Croyez-vous en Dieu ?
In God we trust... All other pay cash...

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1ère partie
La Suite et
La Fin


Croire me semble impliquer ne pas être sûr, penser que c’est possible, se convaincre que.…
Je crois que c’est réel est différent de j’en suis sûr, je le sais, c’est réel…
Il y a un doute, on n'est pas sûr mais on peut admettre que…
De plus croire, évoque une démarche volontariste.
Le verbe croire a besoin d’un objet, croire quelque chose, croire quelqu’un.
Cela implique nécessairement l’objectivisation ou la personnalisation s'il s'agit de Dieu.
Dieu peut-il être objet de croyance ? Dieu peut-il être objet ? Et qui est le Je qui croit ?

Croire (latin credere, croire, confier) tenir pour vrai, estimer comme véritable, croire ce qu'on dit, avoir confiance dans la véracité de quelque chose ou quelqu'un. (Dictionnaire Quillet).

 

 

Avoir confiance

Croire est souvent remplacé par avoir confiance.
Confiance m’évoque un peu trop être convaincu mentale-ment. On pourrait aussi invoquer la foi…
Confiance à aussi besoin d’un objet, confiance en…
Confiance en Jésus. Pourtant, il est dit: "Venez et voyez"
Les mystiques parlent plutôt de lâcher-prise, de s’abandonner … à la grâce divine…

Réaliser
Qui est celui ou celle qui croit, dans cette question?
Celui à qui on la pose…?
Or, si on me pose cette question, je crois que… mais qui est je? Dieu n'est-il pas incroyable !!!
Serait-ce le je, ego, le mental, le je physique l’homme ou la femme, le je de ma culture ou de ma tradition, si j’ai été éduqué ainsi je répondrai comme ça, plutôt que comme çi qui n’est pas correct…

Qui suis-je ?
Ramana Maharshi répétait sans cesse que cette question est essentielle. Si cette question fondamentale n’est pas résolue, comment voir clairement et discerner ce qui est de ce qui n’est pas?

Je Le connais.
En 1959, lors d’une emission de la BBC, on posa a Jung la question: Croyez-vous en Dieu? et il répondit:
“I don’t need to believe, I know”
Je n’ai pas besoin de croire, je sais.

“Dieu est inscrit dans cette partie de notre âme préexistante à notre conscience et qu’il ne peut donc en rien passer pour une invention de celle-ci. Dieu, ainsi, n’est non seulement ni écarté, ni annihilé, mais il est au contraire placé dans la proximité de ce dont on peut faire l’expérience.”
C. G. Jung

Constater l’évidence, voir la réalité
“La foi est nécessaire pour les religions, mais elle cesse de l’être pour ceux qui vont plus loin et parviennent à se réaliser en Dieu. Alors, on ne croit plus, on voit.
Il n’est plus besoin de croire quand on voit la vérité.

Cheick Al -’Alawî, Saint Soufi du XXe siècle.
Autre que Lui n'Est pas !!!

Je suis attaché à la Bible parce que son "dieu" n'a pas de nom
On ne peut donc sérieusement se diviser sur cet Essentiel, on ne peut que se fondre dans cet Essentiel. La Réalité la plus universelle (la plus "catholïque", si ce mot avait encore un sens), c'est l'Etre. On peut dire : "Je ne crois pas en un Dieu" ... et pour tout vous avouer, tel est mon sentiment. Mais comment pourrait-on ne pas croire en Ihvh l'Ineffable, l'Imprononçable, c'est à dire en l'Etre de l'être ? Le mot croire, d'ailleurs, est un piège, car la foi en l'Etre n'est pas une croyance d'ordre mental, mais une adhérence. L'homme de fois adhère à Ihvh comme l'écorce adhère à. l'arbre. Cela se passe de mots, cela se passe de noms pour nommer l'Innommable.
André Chouraqui, entretien avec Jean Moutappa, Nouvelles Cles
Entretien complet


Dieu existe, je l’ai rencontré...

André Frossart a écrit Dieu existe, je l’ai rencontré après avoir été saisi dans une divine embuscade lorsqu’il avait 20 ans en 1935.
Il avait à la fin de sa vie le projet d’écrire un nouvel Évangile lui permettant “d’interpréter en toute liberté les paroles de Jésus”.
“De cet évangile inachevé, - où un jeune homme de Smyrne qui a grandi auprès des maîtres aristotéliciens d’Alexandrie, devait rencontrer un rabbin de Galilée légèrement hérétique -, ne restent que quelques para-graphes, mais une grande abondance de notes…(…)
Notre jeune homme demande:
“Mais après tout, Dieu existe-t-il ?”
Le Rabbin, alors, lui répond:
"Mon ami, ce qui est le plus essentiel dans le monde, c’est Dieu: qu’Il existe, ou qu’Il n’existe pas.”
Cité le 23 Janvier 1997 par Hector Bianciotti lors de son discours de récipiendaire à l’Académie Française, élu au fauteuil d’André Frossart.

Je trouve cette réponse absolument extraordinaire.
Par sa forme d’abord: dans la tradition des grands érudits hassidiques (voir page suivante Rabbi Nahman de Braslav) elle n’apporte pas une simple réponse, fermée et limitée, péremptoire.
Dans la première partie, il présente son postulat qu’il y a ce qui est le plus essentiel dans le monde.
Cette formulation est suffisamment large pour être effective-ment universelle. Que ce soit le principe divin, la force ou énergie créatrice, que ce soit le Soi ou l'Eternel, peu importe, on évoque bien le même principe.

Il continue en présentant l’appellation qu’il choisit,
c’est Dieu (= Dieu est Ceci et Cela = Dieu est Je suis).
La réponse devient alors sublime:
qu’Il existe, ou qu’Il n’existe pas.

Sur le fond, il place la réponse non pas comme une réponse qui prend parti ou apporte une solution à la suite d’une question, mais il se place avant même toute dualité (qu’Il existe ou qu’Il n’existe pas), et évoque irrésistiblement

JE SUIS ce que JE SUIS

A côté de cet absolu, exister ou pas, est une question relative et insignifiante, d’autant que posée par un être humain, la notion d’exister ne peut être que de l’ordre de l’humain, du terrestre, ce qui est une limitation, qui ne concerne pas le divin.
Le principe divin est le plus essentiel (ou essence même): que Dieu existe ou qu’Il n’existe pas.
L’universalité de la réponse clôt toute question ou toute tentative du mental d’appréhender ou de comprendre l’Eternel, l’Absolu…
JE SUIS ce que JE SUIS


Bible restituée par Carlo Suarès
Abraham ne croyait pas, il constatait l'actualisation en lui de l'immanence yhwh, qu'il ressentait comme s'il s'était trouvé en présence d'un allié avec lequel on pouvait conclure un pacte d'alliance.

Ai-je la foi ? par Kierkegaard
Ai-je la foi? De cela, je ne puis avoir aucune certitude immédiate, car la foi est précisément cette oscillation dialectique qui, dans le tremblement et la crainte, ne désespère pourtant jamais.
Elle est ce souci infini au sujet de soi-même, ce souci de savoir si on a la foi, et c'est le souci qui est la foi.

Pas de certitude dans la croyance, Rabbin M-A. Ouaknin
L'homme hassidique ne connaît pas de certitude extérieure, une fois pour toutes, confortable.
Dans la croyance qui reste encore recherche, il y a toujours un pour et un contre, et lorsqu'on choisit le pour,
on sait très bien que le doute peut énoncer le contre.

Votre Dieu
Your God is a true God.
Votre Dieu est Dieu vrai.

Rabbi Zalman Schachter-Shalomi

 

 

Le pari de Pascal
Jouons à pile ou face, en prenant pile que Dieu est.
Estimons ces deux cas: si c'est pile, vous gagnez tout;
si c'est face, vous ne perdez rien.
Sans hésiter, pariez donc que Dieu est

Pensées de Pascal
Dieu est une sphère infinie, dont le centre est partout et la circonférence nulle part.

C'est le Cœur qui sent Dieu, et non la raison.
Voila ce qu'est la foi: Dieu sensible au cœur, non à la raison.

Le Cœur a ses raisons que la Raison ne connaît pas.

Saint-Exupéry
On ne voit bien qu'avec le cœur......
L'essentiel est invisible pour les yeux.

Rabbi Isaac Louria se posait au XVIe siècle ces questions:
- Comment peut-il y avoir un monde si Dieu est partout?
- Si Dieu est Tout en tout, comment peut-il y avoir des choses qui ne soient pas Dieu?

Dieu est Amour
mais aussi l'Amour est Dieu

comme le rappelle malicieusement le père Bagnoud à Vence.


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Croire en Dieu à travers différentes traditions
Tu ne me chercherais pas, si tu ne m'avais déjà trouvé.
Ne t'inquiète donc pas…

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Autres textes

 

 

 

Laisser l’esprit s’incarner
Y croire! Si le Christ ressuscité, le Vivant par excellence, plus réel que toute réalité, sa rencontre ne peut être que terriblement concrète, loin de toute croyance, et son “Venez et voyez (Jn 1, 39)” une invitation tellement bouleversante qu’on ne peut plus faire autrement que de demeurer avec Lui. Les premiers disciples ont commencé par là.
Alphonse et Rachel Goettmann,
L’Au-delà au fond de nous-mêmes, Albin Michel

Dharma tibétain (enseignement du Bouddha)
Le Dharma n'est ni théiste, ni athée. Il ne postule pas un Dieu personnel comme origine première ayant crée le monde "ex nihilo". Pourtant il ne nie pas Dieu comme absolu non dualiste et, dans certaines écoles, nomme même celui-ci Déité fondamentale. Sa vision considère comme cohérent le postulat d'un Dieu créateur.
Dossier presse: Dalaï-Lama France 97

Dharma: il ne s’agit pas de croire
Le Bouddha lui-même a déclaré:
“ Ne croyez pas mon enseignement simplement parce que c’est moi qui vous l’ait donné. Mais, comme on teste l’or et s’assure de sa qualité en le battant et en le frottant, de même, mettez mon enseignement à l’épreuve de l’expérience et de la pratique, et si vous le retenez, que ce ne soit pas seulement par respect pour moi.”
Lama Denys Teundroup, Le Dharma et la Vie, Albin Michel

Tradition Zen
Dans presque toutes les religions, on vous dit:
Vous devez croire ceci, cela, en Dieu, en Bouddha. Je ne suis pas d’accord. Vous devez le trouver en vous-même.
Le religieux peut vous accompagner au bord de la rivière, mais on ne peut boire pour vous, ni vous faire boire.
Taïsen Deshimaru, Questions à un maître Zen

L’enseignement de Ramana Maharshi
Le simple fait de penser à Dieu est une faveur divine! Par nature Dieu est Grâce.
C’est par la Grâce de Dieu que vous pensez à Lui. (…)
Il est possible de voir Dieu.
Mais oui. Vous voyez bien ceci et cela. Pourquoi donc ne pas voir Dieu? Seulement, il faut au préalable que vous sachiez ce qu’est Dieu. Tout le monde voit Dieu, tout le temps.
Mais personne ne le sait. Trouvez d’abord ce qu’est Dieu. Les gens voient et cependant ils ne connaissent pas Dieu.
Le Maharshi citait souvent le psaume 46:
“Reste tranquille et sache que Je suis Dieu”, où Dieu désigne l’état divin, et un passage de l’Ecclésiaste:
Il n’existe qu’un, il n’y a pas deux.
Il est seul et sans second.

(Edition Albin Michel)

 

Vous postulez qu'il y a un Dieu...
Comment est-il possible que Dieu permette toute cette misère dans le monde, cette violence, les guerres?
“Regardez comment vous créez les problèmes.
Vous postulez qu’il y a un Dieu qui a crée l’univers, que ce Dieu est bon et miséricordieux. Par la suite, vous regardez tout autour de vous et vous trouvez que le monde est dans la violence, dans la misère, dans la guerre et vous créez le problème. Comment un Dieu aussi bon a pu créer ce monde? Et c’est vous qui avez crée ce problème, parce que vous avez postulé tout au début qu’il y a un Dieu bienveillant et miséricordieux qui a crée ce monde.” Krishnamurti

Et Jésus dit: Marche avec Moi
Si l'on regarde le texte grec, il n'est pas question de suivre Jésus, mais de marcher avec Lui, d'être littéralement son acolyte (acoloutheï moï), Ieshoua demande à ses disciples de marcher avec Lui, pas de le suivre.
Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle amis, ce qui est beaucoup plus exigeant. Marcher derrière quelqu'un, le suivre, c'est d'une certaine façon se dispenser d'être soi-même, démissionner de son Je véritable, se laisser penser et agir par un autre, se cacher derrière lui…
Jean-Yves Leloup, Sectes, Eglises, Religions, Le Fennec Edit.

Evangile selon Thomas
Les "dits" de Jésus dans l'Evangile selon Thomas ne nous demandent à aucun moment de croire mais nous invitent sans cesse à chercher et chercher encore…
Dans les trois premiers logia, l'invite est là sans ambiguïté:
1- Celui qui trouvera l'interprétation de ces paroles ne goûtera pas de la mort (et pour trouver… il faut chercher).
2- Que celui qui cherche ne cesse de chercher jusqu'à ce qu'il trouve; et quand il aura trouvé, il sera bouleversé, et, étant bouleversé, il sera émerveillé. Et il régnera sur le Tout.
3-…quand vous vous serez connus, alors vous serez connus et vous saurez que c'est vous les Fils du Père le vivant.
Dans cette invitation à chercher se trouve cachée la promesse de vie, le retour à la réalité. La recherche prioritaire du "royaume" nous conduira immanquablement dans le présent, ici et maintenant, royaume intérieur basé sur la connaissance de soi: Qui suis-je? (…)
Ce n'est pas un processus de croyance mais une théophanie, laisser apparaître Dieu, Le connaître…
Patrice Vernay, auteur de La Chrysalide de Fils, le choix du partage

 

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Petites histoires très spirituelles

Un randonneur fait une chute terrible et tombe dans un précipice. Il arrive péniblement à s'accrocher temporairement à quelques arbustes. Sous son poids, les arbustes commençent à donner des signes de faiblesse.
Desespéré, il crie:
- Il y a-t-il quelqu'un là-haut ?
Il entend un voix répondre:
- Il suffit de lâcher-prise…
Il regarde sous lui et affolé par le vide,
il crie de nouveau:
- Il y a-t-il quelqu'un d'autre là-haut ?

 

 

 

 

 

 

 

 



Un soufi se rend au pélerinage de La Mecque et fatigué d'avoir tant marché se couche à la nuit venue à proximité.
A son réveil, un autre pélerin lui fait observer:
- Mais comment as-tu pu dormir ainsi, les pieds vers La Mecque, tu aurais du dormir la tête vers La Mecque ?
Le soufi lui répondit:
- Mais Dieu n'est-il pas partout et de quelque côté que vous vous tourniez, là est la face de Dieu.