< Accueil

............ ......Arnaud DESJARDINS ....
Sur les Chemins de la Sagesse

< Sommaire

Au bas: Petits extraits des Chemins de la Sagesse vol. 3

Nous utilisons les mots Psy et Spi, mais il y a un terme ancien, bien connu,
qui a appartenu à toutes les cultures, toutes les sociétés, c'est la sagesse.
Et plus on tourne le dos à cette sagesse, plus on se perd, plus on crée de problèmes,
plus on se met en difficulté et moins on est heureux.

Fondement de la sagesse:
la connaissance de Soi

A. D. Le monde actuel nous appelle terriblement à l'extériorisation, la dispersion, l'activité.
Tant de choses à faire s'imposent à nous.
Le regard est plus tourné vers l'extérieur que vers l'intérieur. Or, se tourner vers l'intérieur est la seule possibilité de se connaître.
Comment pourrait-on connaître quelque chose que l'on n'a jamais étudié? Certains pensent que ce regard tourné vers l'intérieur est du nombrilisme, que ce n'est pas à soi qu'il faut penser mais aux autres, qu'il faut s'oublier pour pouvoir servir les autres.

Mais comment peut-on être au service de quoi que ce soit si l'on n'est pas, au moins un peu, le maître de soi ?
Comment peut-on être le maître de fonctions, de mécanismes, que l'on connaît mal?
A un niveau plus profond en nous que ces fonctions physiques, émotionnelles, intellectuelles, il y a ce dont témoignent toutes les voies traditionnelles, la perle précieuse de l'Evangile, le Royaume intérieur.
La réalisation est fondamentalement la même:
une non-dépendance par rapport aux évènements extérieurs, une liberté, une disponibilité qui viennent de cette découverte, découverte de cette réalité intime que rien ne peut affecter. Je dis bien que rien ne peut affecter. Ce que les hindous appellent atman, the Self, le Soi, ce n'est plus un soi individuel. On n'est plus ni homme, ni femme, ni vieux, ni jeune, ni ouvrier, ni avocat.
Il y a une certaine confusion de terminologie concernant le Moi, le Soi. On serait plus fidèle à la sagesse hindoue en traduisant par la Conscience du Soi.

Egalité d'âme et d'humeur,
constance dans les vicissitudes et tribulations de la vie.
Une première sagesse, dans laquelle l'être humain trouverait vraiment en lui-même son point d'appui, consisterait à ne plus être dépendant du rejet et de la reconnaissance par les autres, tellement dépendant des bonnes ou mauvaises nouvelles, tellement emporté par les humeurs, les états d'âme changeants. Plus de stabilité intérieure, plus d'équanimité, plus d'égalité d'âme et d'humeur, ce serait déjà bien précieux, une des données de la sagesse.
L'intelligence du coeur naît à partir de cette première tranquillité, quand nous ne sommes plus affectés personnellement par toutes les impressions qui viennent nous frapper, et que nous pouvons demeurer stables et disponibles pour les autres.
F. M. Tout cela doit venir de l'intérieur et ne pas être une fabrication du mental ou être imposé de l'extérieur?
A. D. Venir de l'intérieur, quand on a trouvé en soi-même son enracinement, son point d'appui, qui peut ensuite être dépassé dans une conscience encore plus ouverte, encore plus vaste, ce que l'on appelle en français la communion, (union avec).
En fait, il n'y a rien d'original dans tout ce que j'ai pu dire ou écrire, ce sont des idées tout à fait traditionnelles.

La réalité est sans cesse nouvelle
Le monde, l'humanité, l'existence ont un renouvellement incessant. Le mental a considérablement tendance à se figer alors que l'on ne trouve l'immuable, l'éternel que dans l'acceptation complète, sans aucune restriction, du changement. Le passé s'en va, le nouveau arrive, qui devient le passé, qui s'en va, comme un fleuve qui ne cesse jamais de couler.
Et c'est en acceptant complètement cette non-fixité, ce glissement continuel que les hindous et bouddhistes appellent le samsara, que l'on peut découvrir en nous comme essence ultime de notre être, une Réalité qui échappe au temps.

La pratique est essentielle
Je suis frappé de voir combien il est possible de s'intéresser à des idées de sagesse sans se sentir jamais motivé pour les mettre en pratique. Lire! S'instruire! Voilà ce qu'a dit tel sage ou tel maître connu, mais l'important, c'est votre réalisation personnelle. Comment pouvez-vous guérir en lisant le prospectus du médicament? Donc, il y a une démarche, on appelle ça une ascèse, une voie, un processus de transformation. C'est à chacun de sentir la nécessité de s'engager dans ce processus de transformation. Et de sentir quelle est la voie qui lui convient. Et qui dit voie dit maître. C'est une notion qui ne pose aucun problème en Orient, le lama, le guru, le cheick sont aussi simplement admis que le médecin ou le professeur en France.
Mais la plupart des Occidentaux éprouvent de grandes réticences à l'idée de faire confiance à un maître spirituel. Ils craignent que ce maître ne soit un charlatan, ne profite d'eux, ne soit susceptible de les induire en erreur.
A part des exceptions rarissimes, on ne peut pas progresser sans l'aide de quelqu'un, de même qu'il est admis qu'il serait bien difficile de se psychanalyser soi-même, sans l'aide d'un psychanalyste. Encore plus pour une voie qui nous conduit très profondément dans un monde intérieur, intime mais nouveau, dont nous n'avons pas l'expérience, que nous ne soupçonnons même pas, et dont les principes contredisent tout ce dont nous avons l'habitude.
F. M. Dans un premier temps, l'usage des livres, les enseignements écrits d'un maître peuvent-ils permettre un début de progression?
A. D. C'est arrivé qu'en lisant des livres, qu'en s'en imprégnant, qu'en tentant de mettre en pratique des enseignements, des êtres obtiennent des résultats, un changement en eux. Mais cela ne sera jamais à soi seul suffisant.
Celui qui sent la nécessité d'une voie de changement sérieuse, cherchera où il peut trouver le maître susceptible de guider sa démarche. La question se pose uniquement lorsque l'on sent la nécessité: j'ai besoin d'un maître. Tout le monde n'est pas fait pour adopter une voie culturellement très éloignée de notre mentalité occidentale.

Quand le disciple est prêt, le maître se révèle.
Il ne vient pas frapper à sa porte mais la rencontre se produit. C'est ce qu'on peut trouver de plus précieux dans l'existence.
Il faut donc admettre que ce n'est pas une petite chose bon marché, il faut se donner du mal.

 

Une nouvelle attitude: ici et maintenant

F. M. Les enseignements restent longtemps à l'extérieur puis à un certain moment, entrent à l'intérieur.
A. D. Il arrive qu'une phrase nous éblouisse et change définitivement une part de notre vision.
Mais il faudrait, pour que ces livres aient une puissance transformatrice, lire 3 fois le même livre important plutôt que 3 livres intéressants.
Il ne suffit pas de lire, il faut vraiment les digérer, les assimiler. Il faut s'en imprégner, sans cela on oublie. On a été intéressé sur le moment mais ce n'est pas suffisant. Les livres peuvent modifier notre approche générale de l'existence. Mais ce dont nous avons besoin, c'est de comprendre une nouvelle attitude qui nous est possible dans le cas particulier, dans le ici et maintenant. Et là, la force d'inertie de nos habitudes émotionnelles et mentales est si puissante que même lire une parole importante dans un livre ne suffira pas pour modifier notre comportement dans les situations très concrètes qui constituent notre existence du matin au soir. Cette parole: ici et maintenant, est aussi universelle et ancienne que connais-toi toi-même.
F. M. Cependant vous avez dit que parfois une phrase peut faire bouger beaucoup de choses à l'intérieur de nous-mêmes.
A. D. Oui, mais ça dépend si l'on est plus ou moins mûr. Si nous sommes suffisamment mûrs, une parole peut nous bouleverser. Le grand sage hindou Ramana Maharshi utilisait cette image: le charbon et la poudre sont tous deux combustibles. Posez une allumette sur un tas de poudre, en un instant il s'enflamme. Posez une allumette sur un tas de charbon, il ne prendra pas feu comme ça. Il y a une question de maturation. La même parole lue dans un livre ou entendue de la bouche d'un sage va créer un choc irréversible dans l'esprit de quelqu'un, quelque chose dans sa vision du monde sera changé à tout jamais. La même parole peut paraître tout au plus intéressante à quelqu'un d'autre.
Il y a une préparation qui est nécessaire.

Une autre approche de l'existence fondée sur l'être et non sur l'avoir
F. M. Alors comment commencer en Occident à s'orienter vers une voie de délivrance ?
A. D. C'est tout à fait simple. Il ne faut pas ménager sa peine. Ce n'est pas parce qu'on a été déçu par un livre qu'il faut se décourager et ne pas essayer d'en lire un autre.
Est-ce que cela me touche ? Est-ce que je voudrais que les idées exprimées dans ce livre prennent beaucoup plus d'importance dans mon existence ?
Ensuite, faire des rencontres: on m'a dit que tel sage hindou de bonne réputation était invité en France par ses disciples; je vais aller l'écouter, je verrai bien ce que je ressens. Il faut une certaine vigilance, car l'Orient exporte des mahatmas, gurus, des grands sages et super-sages. Là encore il y a du très sérieux et du pas du tout sérieux. Ce n'est pas la vedette la plus célèbre en matière de spiritualité orientale qui est la plus représentative. Mais des rencontres peuvent être importantes. Et puis, viendra le moment où on choisira le maître à qui on va demander de nous instruire. Vous n'allez pas apprendre à jouer de la guitare auprès d'un moniteur de natation. C'est aussi simple que ça.

Libération
F.M. J'ai trouvé très juste votre description du moment où l'on ressent le besoin d'un changement.
On bâtit soi-même les murs de notre prison et tant que la soupe est bonne, on y reste, puis.
A.D. Ce n'est pas la liberté. Des souffrances, même si ces souffrances sont dûes à des éléments névrotiques, peuvent être une bénédiction sous la forme d'une apparente malédiction, car cela nous accule à chercher une issue.
Si je n'avais pas été ou si je ne m'étais pas cru très malheureux dans ma jeunesse.
J'ai toujours eu l'intuition que la vie n'était pas absurde.
Je n'ai jamais été fondamentalement négatif. Simplement, je considérais que le bonheur existait pour les autres mais je n'y avais pas droit. Une espèce de malédiction, il fallait trouver une issue.
Alors quand j'ai entendu parler de maîtres et de disciples, ça a été un tel choc en moi, je me suis demandé où on pouvait trouver des maîtres de ce type. J'avais 24 ans et ce furent les groupes Gurdjieff dans la filiation directe de Mr Gurdjieff, qui est mort juste à ce moment-là. Et j'ai reçu toutes les premières bases sur l'être et l'avoir, sur la croissance de la Conscience, sur l'identification ou la vigilance. Même si j'ai quitté ces groupes quand j'ai découvert l'Inde, je considère que c'est une bénédiction pour moi de les avoir rencontrés dans ma jeunesse.

Un choc nécessaire
F. M. N'est-ce pas une condition sine qua non, de se sentir très mal, d'avoir eu un grand malheur ?.
A. D. Une trop grande inaptitude à vivre détendu.
F. M. Mais stigmatisé par un choc, qui vous déséquilibre suffisamment, qui crée une brèche dans les murs bâtis par le mental, par l'égo, qui vous fait lâcher prise.
A. D. Je suis d'accord. Sous l'effet du choc, on va chercher une aide, on va sentir la nécessité d'autre chose.
Mais c'est la persévérance qui va ensuite être importante.
F. M. A ce moment là, s'il y avait une autre branche qui nous semble meilleure, on serait prêt à la prendre.
On a d'habitude les deux mains fermement agrippées à la branche de nos conditionnements, ce choc nous fait lâcher prise, au moins d'une main .
A. D. C'est juste. Après, je le redis, c'est une question de persévérance.
La voie ce n'est pas un 100 mètres, c'est un marathon.
F. M. Encore faut-il trouver la bonne branche.
A. D. Oui, celle qui me convient à moi. Pour trouver l'enseignement, le maître qui sobrement, sobrement, j'insiste, va pouvoir nous guider, il faudra probablement se donner plus de peine qu'on ne le croit. A certains égards, je peux dire que j'ai cherché 16 ans le maître indien dont la fréquentation a complètement changé mon existence. Et puis un jour, je n'ai plus pu continuer comme ça d'ashrams en monastères, je devais m'engager et j'ai eu l'intuition que ce serait ce maître qui pourrait répondre à mon attente.
J'ai retrouvé les premières lettres que j'ai écrites lors de mon premier séjour, je répétais indéfiniment: c'est extraordinaire ! Je n'imaginais même pas qu'un homme comme ça puisse exister, à la fois aussi évidemment établi dans la liberté intérieure et en même temps, tellement de plain-pied avec tous mes problèmes et mes difficultés concrètes.



Vademecum pour débutants
     

F. M. Quand on ne se sent pas très bien, qu'on souffre, qu'on en a assez, qu'on veut que cette souffrance cesse,
on commence à s'intéresser aux choses spirituelles,
on commence à lire des livres de maîtres spirituels,
on commence à pratiquer un peu.
Dans un premier temps, tout cela reste à l'extérieur.
Puis à un moment dans ce début de pratique, soit à la suite d'un choc important, soit d'un excès de souffrances, les enseignements de l'extérieur commencent à entrer.
Ils ne font plus qu'un avec le Soi.
Inconsciemment on s'engage sur le chemin et tout ce que l'on avait accumulé comme savoir, comme connaissances spirituelles nous pénètre, nous imprègne.
C'est le début de la voie.
A ce moment, on va continuer à lire les maîtres spirituels, à pratiquer et on va faire des rencontres.
A. D. Des rencontres mais sans s'engager tout de suite.
F. M. Le bon enseignement est-il celui qui fait que vous êtes mieux après qu'avant?
A. D. Tout à fait juste. Si après la lecture d'un livre remarquable, passionnant, je me sens plus mal, c'est un critère. Si après voir lu un livre tout simple, sans prétention, je suis mieux, c'est un très important critère.

< Accueil


A propos de: Les Chemins de la Sagesse d'Arnaud Desjardins

< Sommaire

Découverte
du volume 3

Je n'avais lu aucun livre "spirituel".
Dans une période de quête, j'ouvris "par hasard" un livre que mon frère m'avait offert
il y a déjà un bon moment mais qui était resté sur mes étagères...


"D'emblée, ce texte m'interpella.
Je fûs surpris d'abord de pouvoir le comprendre; le vocabulaire employé était usuel, tout étant clair et précis, le style était vif et sans complication. Plus encore, il semblait parler de moi.
Dès l'introduction, le livre commence ainsi:
"Tous les hommes cherchent le bonheur."
C'était exactement ce que je pensais et dont j'avais parlé avec mon frère.

2ème paragraphe: "Rien de ce en quoi l'humanité a cru n'a réussi à triompher de la souffrance. Ni la Science, ni l'Instruction, ni le Progrès, ni la Liberté, ni la Religion n'ont donné aux hommes l'harmonie et le bonheur."
Puis, "Le sens de la vie réside dans l'être et non dans l'avoir."
Quatorze mots qui résument toute la Connaissance, toute la Sagesse."

Dès le 1er chapitre: Se Situer, Arnaud Desjardins précise le programme:
"Il faut voir en face cette première vérité: il s'agit de Libération et rien d'autre (.)
Je ne trouve pas non plus très utile de jouer à la méditation, au yoga, à l'ascèse, à la connaissance de soi, etc., si l'on ne suffoque pas dans sa prison.
Quand on est prisonnier, de deux choses l'une. Ou bien on se satisfait de sa geôle: les gardiens sont gentils, la nourriture est bonne et la bibliothèque bien fournie, il y a un film le samedi et on peut recevoir une visite tous les jours. Ou bien on a comme but premier de s'évader.(.) . dépendre de circonstances extérieures est en soit même la prison. La servitude n'est pas au-dehors mais au-dedans de nous.
Certes, nous sommes soumis en esclaves aux pressions, influences, stimulations, en un mot: actions, qui nous impressionnent de l'extérieur auxquelles nous réagissons. Mais le mur de la prison est en nous, le gardien de la prison est en nous."

Cette image de prison, dont "le mur de la prison est en nous, le gardien de la prison est en nous" m'avait beaucoup frappé.

"Tous les hommes aspirent au bonheur a dit le Bouddha.
Tous les hommes aspirent à un état intérieur (ou à un état de conscience) fait de plénitude, certitude, paix, intensité, contentement, satisfaction, sentiment d'être, à un état de bonheur."
"Cet état est le but de tous les hommes et chacun le cherche là où il croit le trouver, dans la vertu ou le vice".(...)
Ils cherchent "cette plénitude, qui est un état intérieur mais dont ils poursuivent la cause à l'extérieur"
"Toutes les écoles (...) sont unanimes pour dire que notre vraie nature est illimitée mais que son essence profonde est prisonnière de notre apparence limitée, de notre ego ou individualité. (C'est une idée aussi fondamentale qui inspire toutes les pages des livres que j'ai publiés.)"
".Dieu ou l'Absolu. Cette essence profonde de l'homme est dite éternelle, universelle, dépassant toute saisie par le mental.
De siècle en siècle, des sages ont affirmé, par réalisation personnelle, que l'homme peut se libérer de son étroitesse et de ses limitations, peut s'éveiller à sa Vérité qui est la vérité de tout."

Je lisais ces lignes comme j'ai pu boire du petit lait.
Je m'en imprégnais naturellement et toutes ces vérités m'apparaissaient tellement évidentes et claires . Elles devenaient miennes ou plus encore j'avais l'impression de déjà connu, de familier, Home.
Ces vérités faisaient partie de moi mais je ne m'en étais pas aperçu plus tôt...
F.M