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Alexander SMIT
L'amour est ce que vous êtes, le reste est la peur
A propos de La Peur (extrait de Consciousness)

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Proche disciple du grand maître indien de la Non-Dualité, Sri Nisargadatta
TROUVEZ VOTRE EQUILIBRE NATUREL,
LIBRE DES PEURS ET DES DESIRS.

Menez une vie normale. N'Imitez rien.
Soyez simplement vous-mêmes.

Le travail, la sexualité, l'acte de manger sont des pulsions vitales. Elles vous font croire que vous vivez. Dans notre tradition il est conseillé de mener une vie normale. Tout ce qui tend à l'exagération, que ce soit dans les initiatives ou dans les comportements physiques, courir impulsivement par exemple, signifie déséquilibre. Trouvez votre équilibre naturel, libre des peurs et des désirs. Menez une vie normale. N'imitez rien. Soyez simplement vous- mêmes. Chacun a sa propre atmosphère, sa propre clef, sa propre vibration. Acceptez ce que vous êtes et la joie reviendra parce qu'alors il n'y aura plus de combat pour être autre que ce que vous êtes. Quand la réalisation du Soi sera devenue entière, vous vous abandonnerez complètement à votre manifestation.

EST-CE QUE C'EST CELA, ALORS,
CONNAITRE LE CORPS?

Le corps est toujours là après la mort, mais la connaissance n'est plus là. La connaissance a certainement quelque chose à faire avec le corps, mais ce n'est pas le corps. Quand quelqu'un meurt, ce qui a peur de la mort disparaît. Parce que cela se passe dans la réalité, il n'est plus nécessaire d'avoir peur. Celui qui a peur de mourir va disparaître avec la mort. C'est immédiat. Il n'y a pas lieu d'avoir peur de la mort; la peur disparaît avec la mort. Si vous avez peur de perdre un doigt, la peur disparaîtra dès que vous l'aurez perdu. Ces peurs ne sont pas réelles, pas vraies. La peur disparaît dans la réalité. Tant de gens sont morts parce qu'ils avaient peur de mourir.

VOUS ETES AMOUR ... CETTE PRESENCE, CETTE CONSCIENCE EST AMOUR

Visiteur- Un jour vous avez dit que 99% de nos problèmes survenaient parce que nous ne savions pas que nous sommes "amour". Pourriez-vous approfondir cela?

Alexander - Si vous désirez être aimé, cela signifie que vous avez complètement oublié que vous êtes vous-même cet amour, cette présence. Vous vous êtes réduit à un rôle de mendiant.

V - Nous devons donc réaliser que nous sommes amour.

A - Tous les problèmes disparaissent lorsque vous observez que vous n'êtes pas séparé de l'amour. Le mental ne peut en aucune manière comprendre cela. L'amour est ce que vous êtes - le reste est de la peur.
Mais vous avez réduit l'amour à des mots et à des idées. Tout naît de l'amour.

V - Comment puis-je m'installer dans cet amour?
A - Vous ne pouvez jamais vous installer dans cet amour. La "personne" ne peut jamais être installée dans l'amour. Vous êtes Amour. Cette "personne" vous sépare de l'amour. Le mental n'accepte pas l'amour, parce qu'il n'y a pas de place pour lui dans l'amour; il perd son statut dans l'amour. C'est pourquoi le mental n'accepte jamais l'amour.

L'ABSENCE DE PEUR ET LA PARFAITE ACCEPTATION DE CHAQUE INSTANT SONT LA CLEF DU BONHEUR

S'il y a vie, il y a aussi mort. Les deux vont toujours ensemble. Qui accepte la mort peut vivre. Mais celui qui n'accepte pas la mort ne vit pas.
Acceptez qu'il y ait l'un et l'autre, et la peur disparaîtra. Si vous n'acceptez qu'un côté de la situation, vous sollicitez la peur. L'absence de peur et la parfaite acceptation de chaque instant sont la clef du bonheur.
Alors tout se décrispe, et la synchronicité de l'existence se manifeste.

LA PEUR EST RESISTANCE, DEFENSE.

Et la pensée est complètement au service de cette défense. Quelqu'un débarrassé de la peur pense peu. Quelqu'un d'heureux ne pense pas. Quelqu'un de troublé ordonne à sa tête de résoudre le problème, quelqu'un de triste cherche des solutions. Penser c'est se défendre, se défendre, se défendre. Plus vous êtes heureux, moins vous pensez.

 




MOURIR EN BONNE SANTE?


A - Ashtavakra est l'un des plus grands éveillés qui aient jamais vécu. Son nom vient de ses huit infirmités. "L'homme aux huit infirmités" ( ashta vakra ). Il était bossu, etc...Huit infirmités, qui ne l'ont pas empêché d'avoir l'illumination. L'illumination n'a rien à voir avec la santé. Absolument rien. Il y a toujours des gens pour demander: rme, et mince. Souple et mince, s'éteignant comme un vrai yogi. Quelle absurdité!

QUELQU'UN QUI N'AURAIT PLUS PEUR DE CE QU'IL EST REELLEMENT

Vous avez certainement remarqué que vous ne pouvez pas vous empêcher de créer des concepts, des idées de tout ce qui vous arrive, de tout ce que vous appelez "Je". Dès que cela concerne une philosophie de la vie, un monde intérieur, vous avez une idée de vous, une "image de vous-même".
Et pourtant, profondément, vous sentez bien que cette image ne rend pas compte de ce que vous êtes réellement. Et c'est juste aussi, parce que si vous descendez dans ce que vous êtes vraiment, vous ne trouverez aucun lieu que vous pourriez appeler "vous-même". Et c'est cela, le plus effrayant. Et cette peur est en même temps la cause, le moteur qui vous pousse à vous fabriquer une image de vous-mêmes. Votre expérience vécue, c'est qu'il n'y a ni: "personne", ni: "quelqu'un".
Si "Je" commence à chercher, "Je" ne peut pas trouver un "Alexandre". "Je" peut certainement avoir des idées sur Alexadre.
Rajneesh ne peut pas trouver un Rajneesh. Krishnamurti ne peut pas trouver un Krishnamurti. Les seules choses que vous pourrez rencontrer sont des images de quelque chose. Et c'est la peur de la réalité qui vous fait créer des concepts. Quelqu'un qui n'a plus peur de ce qu'il est réellement - c'est-à-dire le Vide, ou pour le dire autrement la Réalisation ou la Présence - n'éprouve plus le besoin de créer des images de lui-même. Quelqu'un comme cela est libéré de toute pression, de toute tension, il est même libéré de l'idée de relaxation, et de l'idée de concience.

LA PEUR S'EXPRIME NON SEULEMENT DANS LES RELATIONS, MAIS AUSSI DANS LA POLLUTION, DANS L'AVIDITE

Il est très important que la réalisation survienne le plus vite possible. Et les peurs - ou autre chose - ne sont pas des arguments pour abandonner. vous devez aller de l'avant. La peur ne doit pas faire fuir, il faut au contraire l'affronter, et voir de quoi il retourne. mais bien sûr vous avez appris qu'il faut fuir la peur, même si vous avez entendu dire que c'est le contraire. Vous ne devez pas fuir la peur, vous ne devez pas rester pétrifié devant elle, vous devez entrer en elle. Vous devez la considérer. Il y a de la peur, là? Vous devez examiner ce que c'est sous toutes les coutures. Et ne pleurnichez pas que la peur vous fait trembler. Ca n'a pas le moindre interêt. Un peu de courage! Si un chien vous menace, ne fuyez pas, marchez sur lui. C'est lui qui va s'enfuir. Mais si vous vous mettez à courir le chien va penser que vous voulez jouer avec lui. Et c'est aussi ce que pense la peur. Vous fuyez la peur à toutes jambes? Elle vous court après, parce qu'elle pense que vous voulez jouer.

V - La peur la plus douloureuse est celle d'être séparé de l'amour ?
A - C'est une séparation illusoire. Par exemple vous apprenez qu'il y a un fil de haute tension quelque part, sauf qu'il y a longtemps qu'il a été désamorcé. Cela ne vous empêche pas d'avoir peur d'être électrocuté. Il est bien plus choquant de réaliser à quel point on a perdu sa vie. Le jour où on s'aperçoit à quel point tout est en harmonie, on se dit: Si vous n'avez que trente ans, ce n'est pas trop horrible, mais certains ne le découvrent qu'à la fin, et ça c'est vraiment dommage.
Allez au fond des choses. Ne vous préoccupez pas de la séparation. Voyez la Connaissance en toutes choses, et alors la séparation disparaîtra d'elle-même. Il ne peut pas en être autrement.

IL N'Y A NI BIEN NI MAL, C'EST LA PENSEE QUI LES FABRIQUE

Le bien et le mal sont des idées.
Shakespeare, un autre grand éveillé, a dit: Erreur ! Source du renvoi introuvable. Le bien et le mal sont des concepts. Il n'y a pas de bien ou de mal. Ils sont toujours reliés à quealque chose d'autre. Considérez ce que vous n'aimez pas, vous saurez que c'est là que se tiennent vos peurs.
Avec un gourou, vous n'irez, exactement, que jusqu'où vous le permet votre peur. Vous direz: Et donc vous aurez atteint la limite de votre peur.
Nous avons tous en nous du vil et du sublime. Tout se trouve en nous. C'est cette conscience de soi égarée qui se limite dans la moyenne la plus grisâtre, qui s'identifie avec elle, et dit: Erreur ! Source du renvoi introuvable. Jusqu'à qu'il vous devienne lumineux que vous êtes tout. C'est la réalisation, qui rend cela lumineux. Vous êtes tout. Hitler aussi. Une putain aussi. un saint également. Tout est en vous. Cela ne veut pas dire que tout va se manifester. Cela, c'est une autre histoire. Mais tout "réside" en vous. Rien n'est impossible, sinon le possible n'existerait pas. Tout ce qui s'est déjà manifesté est possible. Mais nous inventons une réalité, et ensuite nous nous demandons comment c'est possible. Evidemment que c'est possible. Gazer six millions de juifs est manifestement possible. Les idées que vous avez construites n'ont rien à voir avec la réalité. Absolument rien.

LA PEUR DE L'INCONNU N'EXISTE PAS

V- Vous avez dit que la pensée est peur. Est-il possible alors pour la peur d'exister sans mémoire?
A - Impossible. vous ne pouvez éprouver de la peur que si vous savez ce qui va arriver. La mémoire est responsable de beucoup de choses. La peur ne peut pas exister sans la mémoire. La peur ne peut jamais être sans la mémoire. Vous ne pouvez pas avoir peur de quelque chose que vous ne connaissez pas. C'est aussi pourquoi vous ne pouvez pas avoir peur de la mort. Vous pouvez à la rigueur craindre la disparition de choses que vous connaissez, mais pas de l'inconnu. Craindre l'inconnu est impossible. Une chose inconnue ne peut pas inspirer de la peur. Et tout ce que vous savez est fondé sur la mémoire.

LA PEUR EST TOUJOURS ASSOCIEE A UNE PENSEE, LA PENSEE ASSOCIEE A UNE IDENTIFICATION, ET L'IDENTIFICATION ASSOCIEE AU SENTIMENT DE PEUR.

Cela arrive très vite. S'il n'y a pas d'identification, il ne peut y avoir de sentiment de peur. Parce qu'il n'y a pas identification à des schémas de pensée. Par exemple: Erreur ! Source du renvoi introuvable. L'image que vous aviez de votre relation doit être modifiée au profit d'une autre image. Vous pensiez que tout était O.K., et que ça allait durer des centaines d'années. Vous comptiez là-dessus. Vous aviez investi là-dedans. Et tout à coup, ce n'est plus ça du tout. Tout à coup vous vous trouvez dans une situation à laquelle vous n'êtes pas encore adapté. vous êtes éjecté d'une idée. Et une autre idée surgit: "Je" vais la perdre. "Je" vais à nouveau me sentir seul. cela provoque toutes sortes de sensations, y compris le sentiment d'être abandonné par son père ou sa mère. Peur. Vous réagissez de manière disproportionnée. Si vous pouviez vous tenir à la bonne distance, vous verriez ce qui se passe, c'est-à-dire que cette histoire est terminée. Et si vous êtes vraiment éveillé, très vite la possibilité d'une identification s'écarte complètement.

FREUD DIT QUE LA PEUR EST TOUJOURS RELIEE A LA PEUR DE LA MORT?

A - Oui, mais sa fille dit que ce n'est pas vrai. Elle dit que ce n'est pas la peur de la mort, mais la peur de la perte d'amour. Je suis plutôt d'accord avec cela.
Chacun est lui-même amour, mais comme nous l'oublions, nous allons chercher l'amour chez autrui. Nous réclamons avec insistance de l'attention et de l'amour. Nous voulons obtenir de l'amour. Dès que vous oubliez que vous êtes amour du plus profond de votre existence vous vous mettez à chercher de l'amour chez vos voisins. C'est ce qu'on vous a enseigné. Dès le moment où vous comprenez que vous êtes, vous reconnaissez cet amour chez autrui. Dans cette voie-là vous voyez que l'amour, c'est la reconnaissance de l'autre. Vous voyez que l'autre est aussi amour. Mais vous devez d'abord le reconnaître en vous.

V - Si on est réalisé, on n'a plus peur?
A - On est définitivement libéré de la peur.

V - Comment résolvez-vous la souffrance?
A - Je ne la résous pas. Je me comporte comme d'habitude. je n'y pense pas. Par exemple Je m'aperçois que Je suis heureux si le dentiste décommande mon rendez-vous. Ma journée en est tout illuminée. ( Je let it tell its story) Je ne me raconte pas que Je suis libéré de la peur, ce serait un mensonge.Je ne peux pas le dire parce que Je n'en sais rien. Je n'ai pas l'expérience de situations dans lesquelles pourraient se manifester de la peur. Je ne sais pas ce que Je ferais si J'étais torturé, par exemple. Ce n'est jamais arrivé, donc Je ne peux pas le savoir.

V - La peur vient-elle de l'instinct de survie?
A - tant que le corps est concerné, bien sûr. Mais qu'est-ce que J'ai vu? S'il y a peur, c'est qu'il y a identification. S'il n'y a pas d'identification, il ne peut pas y avoir de peur. La peur de la mort est la peur de la disparition; c'est une identification avec le corps. Mais si Je sais que Je ne suis pas ce corps, mais la Conscience dans laquelle ce corps apparaît, et, un jour, disparaît à nouveau, où est la peur de la mort.

Alexander Smit est décédé suite à une crise cardiaque en 1999 à Amsterdam, où il résidait.

 

     

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